06/05/2009 00:00:06

France - Hausse de 1,7% du niveau de vie en 2006, 13% de pauvres

PARIS, 6 mai (Reuters) - Le niveau de vie médian des ménages français était de 17.600 euros par an en 2006, un chiffre en hausse de 1,7% mais dont l'évolution moyenne cache de fortes disparités, selon une étude publiée mercredi par l'Insee.

Le niveau de vie des 10% les plus aisés a ainsi augmenté de 2,9%, grâce en partie aux produits financiers dont ils sont davantage détenteurs, alors que celui des 10% les plus modestes n'a progressé que de 1,7%, comme pour le niveau de vie médian.

Les 10% des personnes les plus modestes avaient un niveau de vie inférieur à 9.720 euros tandis que celui des 10% les plus aisés était supérieur à 33.190 euros, soit 3,4 fois plus.

Quelque 7,9 millions de personnes, soit 13,2% de la population, vivaient sous le seuil de pauvreté correspondant à 60% du niveau de vie médian ou 880 euros par mois. Parmi elles, la moitié avait un niveau de vie inférieur à 720 euros mensuels.

Dans son étude, l'Insee note que ce taux n'est pas directement comparable. Calculé selon la norme américaine qui tient compte de la consommation minimale, le taux de pauvreté serait par exemple de 8% en France contre 12,3% aux Etats-Unis.

Le niveau de vie est le revenu disponible du ménage (soit la somme des revenus nette des impôts directs) divisé par le nombre d'unités de consommation (une unité au premier adulte du ménage, 0,5 aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 aux enfants de moins de 14 ans), une norme qui permet de tenir compte des économies d'échelle que procure la vie en couple.

La médiane est la valeur qui partage une population en deux parties égales.

LES 50-59 ANS LES MIEUX LOTIS

Selon l'étude de l'Insee, le niveau de vie moyen est le plus élevé dans la tranche des 50-59 ans, quand les enfants devenus grands ont quitté le foyer et avant la baisse de revenus liée au départ à la retraite. Les retraités sont 9,6% à avoir un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté.

Sans surprise, la pauvreté touche davantage les chômeurs et les familles monoparentales, surtout quand une femme est à leur tête.

Selon l'Insee, 34,4% des demandeurs d'emploi sont en dessous du seuil de 880 euros par mois, et 30,3% des personnes vivant au sein d'une famille monoparentale - une proportion 2,3 fois plus importante que dans l'ensemble de la population et qui représente 1,6 million de personnes.

A l'inverse, les types de ménages les moins touchés par la pauvreté sont les couples sans enfant : seuls 6,4% d'entre eux sont dans ce cas.

L'Insee a aussi publié des résultats de son enquête SRCV (Statistiques sur les ressources et les conditions de vie), lancée en 2004 et qui permet de suivre dans le temps un échantillon de personnes.

Il en ressort que le niveau de vie médian en France métropolitaine a augmenté de 1,3% entre 2003 et 2005, mais avec de fortes disparités puisqu'il s'est accru d'au moins 10% pour un tiers des personnes et a diminué d'autant pour près d'un autre tiers.

Les personnes vivant en 2003 dans des ménages de cadres du privé, de professions libérales ou de chefs d'entreprise ont connu les évolutions les plus favorables, a fortiori lorsqu'une part importante de leurs ressources était constituée de revenus du patrimoine, financiers ou fonciers.

C'est l'inverse pour les ménages d'agriculteurs, d'artisans et commerçants, et d'ouvriers ou employés non qualifiés du secteur privé, pour qui les baisses de niveau de vie ont été plus fréquentes que les hausses.

Les niveaux de vie des retraités sont plus souvent stables que dans l'ensemble de la population car les variations d'emploi ou les changements familiaux sont beaucoup plus rares chez eux.

(Véronique Tison, édité par Yves Clarisse)

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